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PME & E-commerce28 Mars 20268 min de lecture

CGV et e-commerce : Ce qui a changé dans la loi française cette année.

Si vous vendez en ligne en France, vos Conditions Générales de Vente ne sont pas un détail — c'est une obligation légale. Et les règles ont évolué. Voici ce que tout e-commerçant doit savoir en 2026.

01Le rappel : pourquoi les CGV sont obligatoires

L'article L.441-1 du Code de commerce impose à tout professionnel de communiquer ses CGV à tout acheteur qui en fait la demande. Pour le e-commerce, l'article L.221-5 du Code de la consommation va plus loin : les CGV doivent être accessibles, lisibles et acceptées avant toute commande.

En clair : un simple lien en bas de page ne suffit pas. Le client doit cocher une case confirmant qu'il a lu et accepté vos CGV AVANT de valider son panier. L'absence de CGV peut entraîner une amende allant jusqu'à 15 000€ pour une personne physique et 75 000€ pour une personne morale.

02Le droit de rétractation étendu

Le délai de rétractation reste de 14 jours (article L.221-18 du Code de la consommation). Mais la jurisprudence récente a clarifié plusieurs points :

Les produits personnalisés ne sont plus systématiquement exclus du droit de rétractation. Si la personnalisation est superficielle (gravure simple), le droit s'applique. • Les produits numériques (ebooks, logiciels, formations en ligne) : le client peut se rétracter tant qu'il n'a pas commencé le téléchargement ou l'accès. Vous devez obtenir son consentement explicite pour renoncer à ce droit. • Les abonnements SaaS : le droit de rétractation s'applique au premier mois. Vos CGV doivent clairement indiquer les modalités de résiliation.

03Les nouvelles obligations d'information

Depuis la transposition de la directive Omnibus en droit français, de nouvelles obligations pèsent sur les e-commerçants :

Affichage des prix barrés — Si vous affichez une réduction, le prix barré doit être le prix le plus bas pratiqué dans les 30 jours précédant la promotion. Fini les fausses promos avec des prix gonflés artificiellement.

Avis clients — Si vous publiez des avis, vous devez indiquer clairement si et comment vous vérifiez leur authenticité. L'achat de faux avis est désormais passible de 2 ans d'emprisonnement et 300 000€ d'amende.

Classement des résultats — Si votre site propose un moteur de recherche interne, vous devez informer le consommateur des critères de classement (popularité, prix, date, sponsorisé...).

04RGPD et cookies : le durcissement continue

La CNIL a intensifié ses contrôles sur les sites e-commerce. Les points de vigilance :

Le bandeau cookies doit offrir un bouton "Tout refuser" aussi visible que "Tout accepter". Les dark patterns (bouton de refus caché, couleurs trompeuses) sont désormais sanctionnés. • La conservation des données doit être limitée : 3 ans maximum après le dernier achat pour les données clients, 13 mois pour les cookies. • Le droit à la portabilité : vos clients peuvent vous demander une copie de toutes leurs données dans un format lisible. Votre site doit être techniquement capable de le faire.

05Les clauses abusives à supprimer immédiatement

La Commission des clauses abusives a mis à jour ses recommandations. Voici des clauses encore trop présentes dans les CGV françaises qui sont considérées comme abusives :

• "La société se réserve le droit de modifier les CGV à tout moment" — sans information préalable du client, c'est abusif. • "Aucun remboursement" — contraire au droit de rétractation. • "Le client renonce à tout recours" — clause nulle en droit français. • "Compétence exclusive du tribunal de [ville du vendeur]" — pour les consommateurs, c'est le tribunal du domicile de l'acheteur qui est compétent.

En résumé

Les CGV ne sont pas un texte qu'on copie-colle d'un concurrent et qu'on oublie. C'est un document vivant qui doit évoluer avec la loi. EquitIA vous permet de générer des CGV conformes à la législation française en vigueur, avec des alertes automatiques sur les clauses potentiellement abusives.

Questions fréquentes

Les CGV sont-elles obligatoires pour un site e-commerce ?

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Oui, les CGV sont obligatoires pour tout site e-commerce en France. L'article L.441-1 du Code de commerce impose à tout professionnel de communiquer ses conditions générales de vente à tout acheteur qui en fait la demande. Plus spécifiquement pour la vente en ligne, l'article L.221-5 du Code de la consommation exige que le consommateur dispose de l'ensemble des informations précontractuelles avant de passer commande. Les CGV doivent être accessibles, lisibles et rédigées en français. Leur absence expose le e-commerçant à des sanctions pouvant aller jusqu'à 15 000 € d'amende pour une personne physique et 75 000 € pour une personne morale.

Quel est le délai de rétractation pour un achat en ligne ?

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Le délai de rétractation pour un achat en ligne est de 14 jours à compter de la réception du bien ou de la conclusion du contrat pour les services, conformément à l'article L.221-18 du Code de la consommation. Le consommateur n'a pas à justifier sa décision ni à payer de pénalités. Le vendeur dispose ensuite de 14 jours pour rembourser l'intégralité des sommes versées, y compris les frais de livraison initiaux. Certaines exceptions existent : les produits personnalisés sur mesure, les denrées périssables, les contenus numériques dont l'exécution a commencé avec le consentement exprès du consommateur, ou encore les prestations de services pleinement exécutées avant la fin du délai.

Peut-on copier les CGV d'un concurrent ?

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Non, copier les CGV d'un concurrent est à la fois illégal et dangereux. Sur le plan juridique, les CGV sont une œuvre de l'esprit protégée par le droit d'auteur (article L.111-1 du Code de la propriété intellectuelle), et leur reproduction sans autorisation constitue un acte de contrefaçon passible de poursuites. Sur le plan pratique, les CGV d'un concurrent sont rédigées pour son activité spécifique, ses produits, ses conditions de livraison et sa structure juridique — elles sont donc inadaptées à votre situation. Des clauses inadéquates peuvent vous exposer à des obligations que vous ne pouvez pas respecter ou, inversement, omettre des protections essentielles pour votre activité.

Quelles sanctions en cas d'absence de CGV ?

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L'absence de CGV pour un site e-commerce expose le professionnel à des sanctions significatives. Sur le plan administratif, l'amende peut atteindre 15 000 € pour une personne physique et 75 000 € pour une personne morale (article L.441-1 du Code de commerce). La DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) effectue des contrôles réguliers et peut dresser des procès-verbaux. Au-delà des amendes, l'absence de CGV peut entraîner la nullité des contrats de vente conclus, ouvrant la porte à des demandes de remboursement massives de la part des clients. C'est un risque commercial majeur qui peut menacer la pérennité de l'entreprise.

Les CGV doivent-elles être acceptées avant l'achat ?

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Oui, le consommateur doit obligatoirement accepter les CGV avant de finaliser sa commande en ligne. Concrètement, cela implique de mettre en place une case à cocher (checkbox) non pré-cochée que le client doit activer volontairement avant de cliquer sur le bouton de validation de commande. Un simple lien vers les CGV en bas de page ne suffit pas à prouver l'acceptation. La jurisprudence française est constante sur ce point : sans preuve d'acceptation expresse, les CGV sont inopposables au consommateur. Le bouton de validation de commande doit également porter la mention explicite « commande avec obligation de paiement » ou une formule équivalente (article L.221-14 du Code de la consommation).

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